OJS vs Peerflow : quelle plateforme pour une petite revue indépendante
Quand une petite revue scientifique indépendante cherche une plateforme, le nom qui revient presque toujours en premier est OJS (Open Journal Systems). C’est mérité : c’est le logiciel de gestion éditoriale le plus utilisé au monde, développé par le Public Knowledge Project (PKP), gratuit, open source, et éprouvé depuis plus de vingt ans. Peerflow répond à un besoin voisin mais avec une approche assez différente. Voici un comparatif honnête, pas un argumentaire commercial déguisé, y compris sur ce que Peerflow ne fait pas encore.
Deux philosophies différentes avant tout
OJS est un logiciel que vous installez et hébergez vous-même (ou via un hébergeur spécialisé) : un serveur, une base de données, quelqu’un pour l’administrer et le mettre à jour au fil des versions. Peerflow est un SaaS multi-revues : chaque revue obtient son espace isolé sur son propre sous-domaine, sans rien installer ni maintenir. Ce n’est pas juste un détail technique : c’est la différence entre « quelqu’un dans l’équipe doit avoir des compétences serveur, ou payer quelqu’un qui en a » et « on crée un compte et la revue est prête à recevoir des soumissions le jour même ».
Ce qu’OJS fait vraiment bien
- Un écosystème mature, avec des plugins pour à peu près tout : attribution de DOI, moissonnage OAI-PMH, intégration à des index bibliographiques, traduction de l’interface dans des dizaines de langues.
- Gratuit : aucun abonnement, seulement le coût de l’hébergement et du temps de maintenance.
- Une immense communauté de revues et de développeurs, en place depuis longtemps, utile quand on cherche de la documentation ou de l’aide.
Pour une revue adossée à une bibliothèque universitaire avec un service informatique dédié, ces atouts pèsent lourd, et OJS reste souvent le bon choix.
Ce que Peerflow fait différemment
- Aucune installation : un sous-domaine actif en quelques minutes, sans serveur ni base de données à gérer.
- Une interface pensée pour une petite équipe (souvent des bénévoles) plutôt que pour un service informatique : moins d’options, moins d’écrans, un cheminement de soumission lisible d’un coup d’œil.
- Un historique immuable par soumission : chaque décision, chaque note s’ajoute à la chronologie, rien ne se supprime ni ne se modifie a posteriori.
- Des appels à contribution reliés directement aux numéros et aux dépôts, et un accès rédacteur invité par simple lien, sans que la personne ait besoin de créer un compte.
- Une identité propre par revue (couleur, logo) sans toucher à une configuration serveur.
Ce que Peerflow ne fait pas encore
Par honnêteté : Peerflow est une plateforme plus jeune. Elle n’a pas d’intégration native pour l’attribution de DOI ou le moissonnage OAI-PMH, ni l’écosystème de plugins qu’OJS a accumulé en vingt ans. Si votre revue a déjà des besoins d’interopérabilité bibliographique poussés, c’est un point à vérifier avant de basculer.
Et le coût, concrètement ?
OJS est gratuit à l’achat, mais rarement gratuit à faire tourner : hébergement, mises à jour, et surtout le temps de quelqu’un capable de s’en occuper, souvent le vrai coût caché pour une petite revue sans service informatique. Peerflow a un tarif explicite (29 €/mois, facturés annuellement) qui inclut l’hébergement et la maintenance, et une offre gratuite limitée en volume pour une petite revue qui veut tester avant de s’engager.
Pour qui, alors ?
OJS reste un excellent choix pour une revue adossée à une institution avec des ressources techniques, ou qui a des besoins d’interopérabilité bibliographique poussés dès aujourd’hui. Peerflow vise les revues indépendantes, souvent portées par une petite équipe de bénévoles, qui veulent un outil opérationnel tout de suite, sans compétence serveur dans l’équipe.
La meilleure façon de s’en faire une idée reste de l’essayer.
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